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Tuesday, June 6, 2017

Dr Harry Gopal, chirurgien : « L’obésité en hausse à Maurice »


L’obésité est en hausse à Maurice et il y a de quoi s’alarmer. Hypertension, diabète, cancer… les conséquences de l’obésité sont multiples et graves. Que faire si vous souffrez d’obésité ? Quels sont les traitements et chirurgies possibles ? Eléments de réponse avec le docteur Harry Gopal, chirurgien à la Fortis Clinique Darné.

Avant tout, il faut comprendre ce qu’est l’obésité. Rien qu’en regardant une personne, vous ne pouvez savoir si elle est obèse ou pas. Le poids idéal et la hauteur idéale n’existent pas. Pour savoir si vous êtes obèse, vous devez faire un petit calcul simple défini par l’OMS. Vous en avez sûrement entendu parler ; il s’agit de l’indice de masse corporelle ou IMC. Pour calculer votre IMC, il suffit de diviser votre poids (en kilos) par votre hauteur (en mètre) au carré. Si votre IMC est entre 25 et 29,9, vous êtes en surpoids. Lorsque l’IMC dépasse 30, nous parlons d’obésité.

Comment une personne devient-elle obèse ?

« Vous serez nombreux à dire qu’elle mange sûrement trop et ne fait pas suffisamment d’exercice. Vous n’avez pas tort ; une personne qui consomme des calories en excès sans les dépenser aura tendance à devenir obèse mais il n’y a pas que ça. L’obésité est multifactorielle. Elle peut être héréditaire et environnementale, peut être causée par certains médicaments comme les corticostéroïdes et par des maladies telles que la dépression. »

Quelle que soit la cause, l’obésité n’est pas à prendre à la légère. Les conséquences de l’obésité sont nombreuses et peuvent être très graves. Hypertension, hypercholestérolémie, diabète du type 2, apnée du sommeil (arrêt ou diminution répétitive de la respiration au cours du sommeil pendant plus de 10 secondes), calculs de la vésicule biliaire… autant de maladies causées par l’obésité. Puis, il y a aussi les cancers : cancer du sein, de l’ovaire, de la prostate…

Qu’en est-il du traitement ? Le Dr Gopal explique qu’ avec le patient, il établit un bilan pour confirmer l’obésité. Puis, il commence par le plus simple :

« Nous décortiquons ses habitudes alimentaires, nous prodiguons des conseils. Des choses simples ; si la personne a l’habitude de grignoter, nous lui demandons d’arrêter. Nous l’encourageons à faire une activité physique pendant 30 minutes 5 à 7 fois par jour… Si cela ne marche pas, nous prescrivons des médicaments. Certains médicaments comme l’Orlistate empêchent l’absorption de graisse par l’organisme. Ces médicaments sont efficaces mais peuvent avoir des effets secondaires comme les flatulences et la malabsorption de vitamines. Et ce n’est que quand les médicaments ne marchent pas que nous envisageons la chirurgie. »

La chirurgie : le dernier recours.

Le médecin propose une chirurgie dans des cas bien spécifiques ; si le traitement médicamenteux ne donne pas de résultats, si le patient a un indice de masse corporelle dépassant 40 ou si il a un IMC de plus de 35 et qu’il souffre aussi de diabète ou d’hypertension. Le chirurgien peut proposer l’anneau gastrique, chirurgie relativement simple et réversible. Il s’agit de mettre un anneau autour de l’estomac. Il diminue le volume de l’estomac ; le patient a moins faim et consomme moins. Sinon, il a aussi la Sleeve gastrectomie, chirurgie plus complexe qui consiste à enlever un tiers de l’estomac. Encore une fois, le patient a moins faim et mange moins.

Bien-entendu, ces chirurgies ne sont pas sans effets secondaires. Les complications postopératoires sont possibles et peuvent être graves. Le patient peut souffrir d’une carence en fer, en acide folique ou en certaines vitamines comme la vitamine B12. Il peut aussi causer la diarrhée qui, à son tour, peut entrainer une déshydratation. Il est donc impératif de faire un suivi auprès d’un nutritionniste après la chirurgie qui, chaque semaine, augmentera le contenu du repas.

« Si les complications sont trop graves, nous pouvons toujours retourner vers le bloc opératoire pour quelques rectifications », nous explique le chirurgien.

Les traitements sont là mais comme prévenir est mieux que guérir, il faut dès maintenant, adopter une vie saine afin de réduire l’obésité et ses conséquences :

« L’obésité est en hausse partout dans le monde et Maurice n’est pas en reste. La vie sédentaire, le fast-food… les Mauriciens souffrent de plus en plus d’obésité ; il est temps d’agir »

 

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