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Monday, December 18, 2017

Dr Noor Abbasakoor : « Diabétiques, prenez votre santé en main ! »


Lors d’une causerie organisée à la Fortis Clinique Darné le 27 novembre, le Dr Noor Abbasakoor, diabétologue et endocrinologue, a lancé un appel aux diabétiques et pré-diabétiques ; maintenant ou jamais, il faut agir pour éviter les complications. Et pour faire baisser le taux de diabète à Maurice, tout le monde doit s’y mettre. Explications.

Une situation alarmante

Oui la situation est alarmante ; 22.8 % des Mauriciens (environ 265 000 personnes) sont diabétiques selon une étude sur les maladies non transmissibles menée en 2015. Parmi les dix pays du monde où le diabète est le plus prévalent, Maurice se classe en troisième position. Et puis, il y a aussi les pré-diabétiques : 50 % des pré-diabétiques deviendront diabétiques. Et lorsqu’une personne est diagnostiquée comme étant diabétique, 50 % des cellules bêta du pancréas a déjà été abîmé.

« A travers le diabète, votre corps vous lance un appel à l’aide. C’est sa manière à lui de vous dire qu’il ne peut plus gérer tout ce sucre et qu’il a besoin d’assistance. Si même là vous n’agissez pas, dans 5 ou 10 ans, troubles cardiovasculaires, troubles rénaux, amputations et autres complications surviendront. Saviez-vous que 95 % des amputations se font à cause du diabète ? Et que la plupart des personnes devant avoir recours à la dialyse sont diabétiques ? »

Et c’est aussi un cercle vicieux. Le bébé d’une femme souffrant de diabète de grossesse aura plus de chances de devenir lui-même diabétique plus tard. D’ailleurs, le diabète est très souvent héréditaire.

Mais pas irréversible

Est-ce donc une situation sans issue ? Pas si vous agissez à temps. Même si vous êtes prédisposé au diabète, un changement de mode de vie et d’alimentation peut vous éviter bon nombre de complications.

« Lorsqu’une personne est diabétique elle a déjà perdu 50 % des cellules bêta de son pancréas. L’idéal serait donc d’agir avant. Trouver les pré-diabétiques et déjà tout faire pour éviter que la situation ne s’empire. Je peux déjà lui prescrire de la Metformine. Lorsqu’on est pré-diabétique le pancréas commence déjà à se fatiguer. Tel un moteur, s’il va trop vite, il finira par se fatiguer. Donc, déjà, nous essayons de minimiser la pression sur le pancréas. »

Une alimentation saine, bien-entendu, est primordiale. Pour prévenir le diabète, il ne suffit pas uniquement de diminuer sa consommation de sucre.

« Il faut limiter les sucres rapides. Le riz est très mauvais en grande quantité, il vaut mieux le remplacer par du pain brun, il faut limiter la consommation de graisse et manger plus de salades et de poisson. La viande rouge est aussi à proscrire. Elle augmente le risque d’hypercholestérolémie et de maladies coronariennes.

Sachez aussi que c’est une question d’habitude. Si vous remplacez les fast foods ou vos boissons gazeuses, et jus de fruits en brique par des aliments sains cela paraitra bizarre dans un premier temps puis votre palais va s’habituer. C’est juste une question d’habitude. Il suffit de se lancer et de rester consistant.»

Ceci est pour les pré-diabétiques ou n’importe qui souhaitant prévenir le diabète.

La situation est-elle donc sans issue pour le diabétique ? Non.

« Un diabétique qui suit assidument son traitement et a un mode de vie sain aura une vie normale, comme n’importe qui. Le diabète n’est pas une fatalité si vous adoptez l’attitude qu’il faut. »

Que tout le monde s’y mette

Aujourd’hui tout va vite, tout le monde est pressé. Nous avalons vite fait un roti, un burger ou une portion de mine frite à l’heure du déjeuner. Ou alors, nous faisons frire un burger pour mettre dans le pain de l’enfant ou lui donnons de l’argent pour qu’il achète lui-même sa nourriture. De retour à la maison, nous nous prélassons devant la télé ou l’ordinateur. Voilà des petites choses qui peuvent, à long terme, causer de grandes complications. Pour éviter cela, il faut agir tôt et collectivement. Il faut, dès le départ, inculquer de bonnes habitudes aux enfants. Aujourd’hui, plus d’adolescents sont obèses. L’obésité chez les adolescents augmente leur risque de devenir diabétique plus tard. Et les adultes doivent donner l’exemple en prenant leur santé en main. Selon le docteur Abbasakoor, les mères de famille et femmes en général peuvent faire bouger les choses :

« Si c’est la femme qui se lève et qui dit qu’on va aller faire du jogging, les autres seront plus réceptifs. Si elle décide qu’à partir d’aujourd’hui tout le monde mangera plus de légumes, là aussi, les autres suivront. »

Quelques conseils

Il est indispensable que le diabétique (ou pré-diabétique) vérifie son taux de glycémie tous les jours en utilisant le glucomètre.

Il faut éviter le riz. Si vous voulez manger du riz, faites-le 1 fois par semaine. Mangez une toute petite portion durant la journée puis faites 15 minutes de marche.

Essayez de gérer votre stress. Lorsque vous êtes stressé votre corps, secrète des hormones qui font augmenter le taux de sucre dans le sang.

Le mot de la fin :

« De nos jours tout le monde est occupé mais vous devez aussi investir dans votre santé. Sinon, tout l’argent et les bénéfices matérielles accumulées ne serviront à rien ; vous n’allez pas pouvoir en profiter. Que vous soyez diabétique ou même non-diabétique adoptez de bonnes habitudes. C’est mieux pour vous, pour les générations futures et le pays en général. »




 

 

 

 

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