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Monday, August 20, 2018

La Radiologie Interventionnelle : la chirurgie mini invasive et moins risquée

C’est une première à Maurice. La Radiologie interventionnelle peut être utilisée pour traiter les hémorragies, les anévrismes et plusieurs autres pathologies sans avoir recours à l’anesthésie générale. Moins lourdes, les techniques de la Radiologie Interventionnelle comportent aussi courte durée d’hospitalisation et plus grand confort pour le patient. Le Dr Helena Kostic, Radiologue Interventionnel à Fortis Clinique Darné nous en dit plus.

Qu’est-ce que la radiologie interventionnelle ?

La radiologie interventionnelle et une chirurgie mini invasive. Elle comprend un ensemble d’actes médicaux invasifs réalisés sous guidage et sous contrôle d’un moyen d’imagerie (Rayon x, ultrasons, scanner, IRM). Si elle peut aussi être utilisée pour établir un diagnostic, le Dr Helena Kostic explique qu’elle est maintenant utilisée uniquement pour traiter des pathologies.

Dr Helena Kostic : « Je fais une petite ponction avec une aiguille et introduit une mini tube spéciale que je dirige vers la cible à traiter. Sur un écran, je suis sa trajectoire et je visualise les vaisseaux. Je prodigue les traitements nécessaires et avec précision et minutie. »

Au Dr Helena Kostic d’expliquer que la ponction peut se faire par voie transcutanée. Elle explique aussi qu’elle agit dans deux cas : pour traiter des urgences ou pour effectuer des procédures à froid.

 

Pour quels cas, utilisez-vous cette méthode?

La Radiologie Interventionnelle se divise en deux domaines d’expertise ; la Radiologie Interventionnelle Vasculaire et la Radiologie Interventionnelle non-vasculaire. Je vais parler de la Radiologie Interventionnelle Vasculaire.

La Radiologie Interventionnelle Vasculaire s’intéresse à tout ce qui touche aux vaisseaux de l’organisme. Le système vasculaire comprend l’ensemble des veines, des artères et des capillaires du corps. La radiologie interventionnelle peut par exemple intervenir en cas de syndrome coronaire aigu ce qu’on appelle l’infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cérébral, d’anévrisme qui peuvent exister partout dans le corps, la hémorragie – soit après une traumatisme ou maladie des vaisseaux (hémorragie de la délivrance, hémoptysie, organe interne, hémorragie digestive, urinaire ou ORL etc.).

 

Quelques exemples d’actes interventionnels vasculaires thérapeutiques :

  • L’angioplastie (en cas de : rétrécissement ou obstructions des vaisseaux sanguins : membres, carotides, viscérale, veineuse, abord hémodialyse etc.)
  • Les endoprothèses (en cas de : rétrécissement ou obstructions des vaisseaux sanguins de membres, carotides, viscérale, veineuse, abord hémodialyse etc.)
  • Les endoprothèses couvertes (en cas de : anévrisme de l’aorte abdominale, obstruction de la partie distal de aorte, anévrisme des vaisseaux périphérique)
  • L’embolisation (anévrisme, malformation arterioveineuse, hémorragie, varicocèle et varices pelviennes, fibrome de l’utérus etc.)
  • La Thrombectomie/Thromboaspiration/Thrombolyse in situ (en cas de : artères ou veines périphériques, artères ou veines viscérales, abord d’hémodialyse qui peuvent être bouché avec un caillot de sang etc.)
    Filtre cave (pose – retrait) etc.
  • Interventions délicates, effectuées au niveau du cerveau. Les plus fréquentes sont les traitements de malformations artério-veineuses (MAV), de tumeurs de la base du crâne et d’anévrismes intracrâniens et le AVC.


Par exemple, en cas d’hémorragie pendant l’accouchement, le radiologue interventionnel peut intervenir pour fermer l’artère qui saigne. Ainsi, la patiente peut conserver son utérus.

Au Dr Helena Kostic d’ajouter qu’elle doit aussi souvent intervenir auprès des patients ayant fait un AVC :

L’accident vasculaire cérébral est un trouble vasculaire cérébral touchant les vaisseaux sanguins qui amènent le sang au cerveau. L’AVC est la troisième cause de décès après une cardiopathie ischémique et une cause majeure d’invalidité à long terme à l’échelle mondiale. (source : https://www.didac.ehu.es/antropo/36/36-07/Menon.pdf ).

 

Il existe deux types d’AVC :

  • Les AVC ischémiques ou infarctus cérébraux suite à une artère bouchée par un caillot de sang et qui bloque la circulation sanguine.
  • Les AVC hémorragiques causés par la rupture d’une artère ou d’un anévrisme. Une malformation arterioveneuse peut aussi déclencher une hémorragie intracérébrale ou méningée.

« Lorsqu’il y a un AVC hémorragique, il faut agir en toute urgence pour arrêter le saignement. Si nous n’intervenons pas durant les premières heures précédant l’attaque cérébrale, la personne risque la paralysie ou peut même perdre la vie. Souvent, la neurochirurgie s’avère être trop lourde. D’autres fois, les artères ne sont pas accessibles. C’est là que j’interviens pour fermer l’artère avec des coils (fils métallique spécial).

En ce qui concerne l’AVC ischémique, nous avons une fenêtre de 6 à 9 heures pour agir. Là aussi, la radiologie interventionnelle nous permet d’intervenir pour retirer le caillot. »

 

Le temps est le cerveau !

La prise en charge de l’AVC connait une évolution sans précédent ces dernières années. La prise en charge s’est structurée avec la création des unités neuro-vasculaires et la création des réseaux de soins pour l’AVC.

Les traitements de la Radiologie Interventionnelle deviennent de routine clinique dans les centres de référence et leurs indications augmentent. Pour certains des cas d’AVC ischémique il est possible d’intervenir même 12 à 24 heures après l’apparition des symptômes comme indiqué dans les dernières études. Des études en cours pourraient aussi changer les lignes directrices . La prévention de la mortalité et de la morbidité neurologique reste l’enjeu majeur de cette prise en charge.

 

Les avantages pour le patient

Contrairement aux chirurgies ‘ouvertes’, les techniques de la Radiologie Interventionnelle ne nécessitent pas d’anesthésie générale; une anesthésie locale est administrée au point d’entrée.

Les techniques sont moins lourdes, nettement moins invasives et comportent moins de risques de morbidité et de mortalité.

La durée d’hospitalisation est plus courte : dans 90 % des cas de procédures à froid, le patient peut rentrer chez lui après 1 jour.

Parce qu’il n’y a pas de grandes cicatrices, le patient ressent moins de douleurs et se rétablit plus rapidement.

Le radiologue interventionnel intervient aussi dans des cas urgents où une chirurgie n’est pas possible. Le Dr Helena Kostic se souvient d’un cas particulièrement marquant :

« Je me souviens de ce patient qui venait de subir un bypass, un pontage aorto-coronarien. Deux jours après la chirurgie, il y a eu des complications. Les examens ont révélé un caillot dans une artère qui nourrit les intestins. Il fallait agir promptement mais comme il venait de subir une chirurgie, nous ne pouvions pas le réopérer. Nous avons eu recours à la radiologie interventionnelle, avons pu retirer le caillot et il a survécu. Nous étions tellement ravis d’avoir pu lui sauver la vie ! »

 

 

 

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